Interview with Yohanna Joseph Waliya

Note: 

Due to internet issues, Claire is not present in this interview. Instead, Yohanna Joseph Waliya responds to the questions directly himself. The project is very grateful to Mr. Waliya for his flexibility!

En raison de problèmes Internet, Claire n'est pas présente dans cette interview. Yohanna Joseph Waliya lui-même répond directement aux questions. Le projet est très reconnaissant à M. Waliya pour sa flexibilité ! 

Transcript:

Bonjour, je m'appelle Waliya, Yohanna Joseph. Je suis Nigérian et aussi j'ai trente-neuf ans. Je suis du village de Kafin Hausa/Jilang dans l’État d’Adamaoua et je suis ici pour vous parler du projet, « how to remember ». Oui, je suis margi, je suis autochtone de margi. Margi se trouve au Nigeria, au Cameroun et au Tchad. C'est une langue qui est très [00:00:30] bonne. Une langue qui a huit dialectes.

Et on se trouve les gens du margi aussi dans les autres États, au nord-est du Nigéria, dans l'État d'Adamaoua, de Maiduguri (Borno), de Gombe, de Taraba. Oui, je suis fier d'être margi. [00:01:00] J'ai grandi dans le village de Jilang (de Kafin Hausa). Et mon enfance, c'est une enfance qui a beaucoup de merveilles. Oui, notre culture s'est transmise à travers les contes, la nourriture, la culture du festival. Et ce festival, c'est annuel, qu'on appelle le festival « Yinagu Fishing [00:01:30] Festival ».

Ce festival, c'est un peu, un festival de compétition, concurrence c’est juste du concours où les plus grands pêcheurs sont ceux qui ont attrapé le plus grand poisson. Oui, c'est une langue qui est très riche. [00:02:00] Mais à cause de l'attentat de Boko Haram dans cette région du Nigéria, on a commencé à perdre notre langue et notre culture parce que les gens de margi sont répandus partout.

Ils ont quitté leur maison. Ils sont allés dans les autres villes et voilà pourquoi j'ai créé la communauté dans les médias [00:02:30] sociaux, plus spécifiquement sur Facebook et j'ai créé ce qu'on appelle « Margi language development project » ou j'essaie d'être là pour garder notre culture. Le plus important souvenir de ma langue que je garde toujours, c'est la langue, c'est de parler la langue. C’est la langue. Après la langue, c'est la cuisine. La cuisine qu'on [00:03:00] appelle margi spécial : c'est la sauce de poisson où on prépare le poisson avec des légumes, les légumes qui sont acidiques et on appelle ces légumes en anglais « sorrel ». Et en tant que chercheur, je suis enseignant à l'Université de Calabar.

En tant qu’enseignant, j'ai étudié la littérature [00:03:30] française plus précisément la Twittérature et Twitterbot poésie.  Et aussi je suis dans le domaine des Humanités Numériques. Et pour garder ma langue, j'ai commencé à écrire des poèmes numériques en margi et le nom c’est climatopie, c'est-à-dire que écritures sur [00:04:00] les utopies et le climat : le changement de climat. Ça c'est ce que j'ai fait. Et aussi dans notre forum, dans la communauté de Facebook que j'ai créé en 2015, il y a beaucoup d'étudiants qui viennent de certaines universités au Nigeria, par exemple l'Université d'Ibadan, l'Université de Maiduguri, l'Université Ilorin, [00:04:30] qui me posent des questions, toujours à propos de notre langue. Et parce qu'ils font des recherches sur cette langue, et cette langue qui m'a frappé beaucoup, et m'intéressait beaucoup. Euh, ce n'est pas parce que je suis autochtone de cette langue, mais il y a ce qu'on appelle l'égalité culturelle, où les femmes et leurs maris partagent les mêmes devoirs dans la famille.

Et voilà [00:05:00] la raison que je suis fier de notre langue. Et une autre chose, dans notre famille de margi, on respecte notre enseignant, notre ancien, c'est-à-dire nos parents et les gens qui sont ainés, et on se respecte et chaque personne connaît son devoir.

Et ce que je peux dire c’est qu'on préserve notre langue à travers notre fable [00:05:30] à travers notre culture, à travers notre nourriture, c'est-à-dire la cuisine. Et voilà pourquoi je peux dire au monde d'apprendre la langue margie. Oui, je suis polyglotte. Oui vraiment je suis polyglotte.

Mais polyglotte de quelles langues ? Je parle beaucoup de langues, je parle margi, je parle espagnol, je parle français, je parle anglais, je parle un peu de fulfulde [00:06:00] qui se trouvent aussi en Afrique et chez nous. Voilà dans ma recherche, j'ai fait des recherches dans le domaine du discours numérique, discours numérique où j'analyse la langue, des expressions françaises et où j'ai aussi étudié les discours de [00:06:30] Twittérature.

C’est-à-dire le discours dans le domaine de Twitter. Voilà ce que je fais, je pratique toujours et je vais faire même au niveau du doctorat et recherche dans le domaine des articles électroniques. Voilà la raison que je dis que « how to remember » et c'est un projet qui m'est intéressé, et qui est aussi, pour nous aider à faire mémoire de notre [00:07:00] enfance.

Oui, dans mon enfance, je peux me souvenir. J'étais un bon berger de brebis de mon père où je vais dans des brousses avec des cabri, des veaux et des vaches. Je m’occupais d'eux pour les alimenter. Et ça, c'est que je peux dire que [00:07:30] j'ai appris beaucoup chez les animaux et plus précisément les brebis où j'ai constaté qu'il y a une brebis qui ne peut pas naître.

Mais elle a adopté les agneaux [00:08:00] d'autres brebis. Voilà ce qui est très intéressant chez moi et chez nous. Je vous remercie d'avoir écouté, tchao ! ça va.

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